Chantal aime la parole


Chantal aime la parole qui va en direction du soleil.

 Peindre pour elle c’est prononcer, en couleur, les rêves que porte la réalité de certains paysages ; là où le cœur redevient musical.

D’ailleurs, ses pinceaux s’accompagnent toujours de belles vibrations sonores : elle peint toujours en écoutant de la musique. C’est une belle échappée qui fait écho au jardin éphémère qu’est le voyage de l’acte créatif en son instant.
Chaque toile est pour elle comme une aube, un crépuscule, un nouveau jour, sans cesse réitérés, contre le chaos.

Dans sa quête de partager un temps serein, elle regroupe des « instants de regard » en mosaïques, où, cette découpe de toiles en série se veut l’expression d’un espace caressant, tel une main ouverte, sur l’horizon d’une lumière bienfaisante que seul le rêve enfin osé d’un regard vierge, neuf, printanier peut nous transmettre : Se laisser enchanter, saisir, par la fraîcheur, la beauté simple d’une vision réelle ; tel est le pourquoi entêté de sa volonté de peindre « naïvement » le temps précieux d’un sentiment à l’état brut : aimer.

Aimer le ciel, la magie de l’espace (Les nuages), aimer l’aquatique, Vivaldi, la féminité, la courbe (Venise), aimer le couple masculin-féminin, verticalité-horizontalité (New York), aimer la Terre comme un sein nourricier (La Toscane), aimer la poésie (Chez Renoir), aimer le précieux (Le motif, le décoratif) ; voyager sur ce verbe «aimer», c’est une broderie méticuleuse dont chaque jour mérite son espérance.

L’espérance, un vœu délicat que Chantal souhaite protéger, par ses toiles, telles un paravent mettant à l’abri de l’hystérie, la nue fragilité de la beauté. Nécessité vénusienne appliquée à préserver l’étonnement, la fraîcheur, l’émerveillement d’un regard passeur de rêves réels. A contre-courant, partager cet apaisement que permettent les émotions les plus simples ; préserver le plaisir de ce voyage guidé par la joie sereine de nourrir la douce saveur des meilleurs souvenirs comme un ailleurs bienfaisant. Tel est le pari sensuel de son acte de peindre.

Ce désir trouve sa sève dans la Renaissance, l’Art Naïf, le Japonisme, l’Art Brut, les enluminures, les miniatures, le surréalisme, et sans oublier Hooper, Balthus et tant d’autres, ajoutons la musique, qui n’ont de cesse de l’accompagner vers un épanouissement pictural de chaque instant.

Emmanuelle